Archive for the ‘Paris’ Category

Inutile et monstrueuse?

dimanche, 10 janvier 2016

 

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Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le symbole national de l’Irlande n’est pas le trèfle à trois feuilles – malgré son omniprésence sur les brochures touristiques et dans les pubs de Temple Bar. Beaucoup de nos grandes entreprises et associations sportives s’en servent aussi comme logo: Aer Lingus, Irish Tourism et IRFU, pour n’en citer que trois. En réalité, notre symbole national c’est la harpe – voilà pourquoi sur l’avers de chaque pièce d’argent frappée en Irlande et sur chaque document gouvernemental il y a une harpe.

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Et pas n’importe laquelle – c’est la harpe celtique qui appartenait, selon la légende, à un de nos héros nationaux, Brian Boru, lâchement assassiné par les envahisseurs danois à Clontarf en 1014. Si cela vous intéresse, vous pouvez voir la harpe dite de Brian Boru à Trinity College où les experts vous diront qu’elle ne date que du 15ème siècle. Quelle déception.

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C’est un peu la même chose pour la France. Pour la plupart des étrangers, le symbole de la France n’est ni le drapeau tricolore, ni Marianne, ni la Marseillaise, trois symboles officiels, mais la Tour Eiffel. Construite pour l’Exposition universelle de 1889 pour commémorer le centenaire de la Révolution française, la Tour Eiffel était conçue comme une structure temporaire dont le but était de mettre en avant la prouesse industrielle de la France. Avec ses 1.789 marches (un clin d’œil à la Révolution) et ses 2.500.000 rivets et ses 60 tonnes de peinture, c’était impressionnant. Sa taille de 320m faisait d’elle la plus haute structure du monde mais malgré tout cela elle a suscité la colère des Parisiens et des Français. Le monde artistique a protesté dans une lettre ouverte au commissaire de l’Exposition: Nous venons écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté… protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l’art et de l’Histoire français menacés, contre l’érection, en plein cœur de notre capitale, de l’inutile et monstrueuse Tour Eiffel…déjà baptisée du nom de « Tour de Babel »… Car la Tour Eiffel…c’est…le déshonneur de Paris. Enfin lorsque les étrangers viendront visiter notre Exposition, ils s’écrieront, étonnés :  « Quoi ? C’est cette horreur que les Français ont trouvée pour nous donner une idée de leur goût si fort vanté ? » La lettre est signée par Émile Zola et Guy de Maupassant, parmi d’autres. Quelques années plus tard, un journaliste a demandé à Maupassant pourquoi il déjeunait si souvent dans le restaurant de la Tour Eiffel. Sa réponse : « Car c’est le seul endroit à Paris où je ne la vois pas. »
Aujourd’hui, l’inutile et monstrueuse Tour Eiffel détient le record du monument payant le plus visité au monde.

À vous maintenant…

Écoutez cet extrait des Grosses Têtes dans lequel Philippe Bouvard interviewe Philippe Coupérie-Eiffel, l’arrière, arrière petit-fils de Gustave Eiffel et répondez aux questions. (Merci à RTL)

  1. What is the first question Bouvard puts to Coupérie-Eiffel?
  2. How does he reply?
  3. What modification was made to the Eiffel tower by Coupérie-Eiffel’s uncle?
  4. When did this happen?
  5. For how long did Gustave Eiffel have commercial rights to the tower?
  6. What was his financial position when he died?

Le pont des Arts, le poids de l’amour

dimanche, 23 août 2015
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Les cadenas d’amour

Depuis au moins dix ans maintenant ‘le cadenas d’amour’ est devenu un rite de passage pour beaucoup de jeunes couples. Un peu partout dans le monde il existe des  ponts où les amoureux accrochent des cadenas gravés de leurs prénoms – c’est une façon d’annoncer au monde qu’ils s’aiment éperdument et que leur amour durera éternellement. On peut les voir sur le Brooklyn Bridge à New York, le Tower Bridge à Londres et même notre petit Ha’penny Bridge à Dublin en a de temps en temps. Mais le pont le plus célèbre du monde pour les cadenas d’amour était sans doute  le pont des Arts à Paris, une passerelle, ou pont piéton, qui relie le quai Malaquais au musée du Louvre.

Le pont des Arts

Le pont des Arts et l’Institut de France

Construit en 1803 par Jacques de Lacroix Dillon, un ingénieur d’origine italo-irlandaise et Louis de Cessart, le pont des Arts est pour beaucoup de Parisiens le plus beau des 37 ponts de Paris. Offrant une belle vue sur l’Île de la Cité, le Louvre et l’Institut de France, le pont attire des milliers de touristes chaque semaine. Malheureusement, depuis juin, si par hasard sur le pont des Arts vous avez envie d’accrocher votre cadenas pour sceller votre amour vous allez être déçu. Pourquoi? Parce que la mairie de Paris a décidé vers la fin de mai de retirer tous les cadenas que les amoureux accrochaient sur les grillages du pont. Et, en plus, pour empêcher les amoureux de recommencer, les grillages seront remplacés en automne par des panneaux en verre.

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Ciaran aime Shannan

Pourquoi retirer les cadenas? Les bureaucrates français ne respectent-ils plus l’amour ou les traditions? Alors, il paraît que les cadenas d’amour ne faisaient pas l’unanimité des Parisiens. Certains les considéraient laids; les ingénieurs, eux, les considéraient dangereux. « Dégradation du patrimoine, risque pour la sécurité des visiteurs » , selon Bruno Julliard, premier adjoint au maire de Paris. La mairie de Paris estimait à entre 700.000 et un million le nombre de cadenas sur le pont – ce qui représente un poids considérable, peut-être 45 tonnes selon certains experts. Un tel poids pose des risques, disaient-ils – en juin 2014 une section du grillage s’était effondrée et le pont a dû être évacué. Devant un tel danger, la mairie n’avait pas le choix et donc le 1er juin dernier le pont a été fermé au public pour permettre aux employés de la mairie armés de scies à métaux d’enlever les grillages et les cadenas…mais pour ne pas trop décevoir les amoureux la mairie a très gentiment décidé de conserver les cadenas sur les rampes d’entrée. La Ville de Paris nous promet « une seconde vie » pour le pont des Arts. Affaire à suivre.

 

Georges Brassens chante du pont des Arts:

À vous maintenant…

Écoutez et répondez aux questions:

  1. How does Bruno Julliard refer to Paris?
  2. What does he say about tourists?
  3. What alternatives to padlocks have been suggested?
  4. What ideas involving new technology have been suggested?
  5. Why is it urgent to find an alternative to the padlocks?

 

 

 

 

 

Je suis Charlie et je suis Ahmed

dimanche, 11 janvier 2015

 

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Comme le monde entier le sait, la devise de la république française est « Liberté, Égalité, Fraternité ». Quand les frères Kouachi ont fait irruption dans les bureaux de Charlie Hebdo mercredi dernier,  c’était avec l’intention non seulement de tuer des journalistes, des dessinateurs et des policiers mais aussi de s’attaquer à ces trois principes qui sont le socle de la république française.

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Alliance française, Dublin

La « liberté », c’est non seulement le droit de voter et de participer à la vie politique de son pays – c’est aussi le droit de critiquer et de clamer qu’on n’est pas d’accord avec les idées des autres. La liberté d’expression est un principe fondamental de toutes les démocraties et c’est un droit auquel la France, en particulier, tient fermement. Le gouvernement français y tient à un tel degré qu’il a pris la décision de subventionner la publication du prochain numéro de Charlie Hebdo. Très peu de gouvernements auraient le courage de donner de l’aide financière à un magazine qui est connu pour son humour paillard et son ton de débat très loin du politiquement correct, un magazine qui critique régulièrement et de façon agressive tous les membres de la classe politique, un magazine qui ne respecte rien ni personne –  sauf peut-être les trois principes de la devise française. La décision du gouvernement d’attribuer environ un million d’euros pour « assurer la pérennité » de Charlie Hebdo est donc encore un paradoxe français à ajouter à une liste déjà impressionnante. Selon les chiffres officiels,  Charlie Hebdo tire à 60.000 exemplaires d’habitude; mercredi prochain on prévoit un tirage d’un million d’exemplaires. C’est peut-être une belle victoire pour la liberté d’expression mais une victoire qui néanmoins ne ne fait pas beaucoup pour soulager la douleur des familles des victimes. jesuisAhmed

Une des victimes dont on commence à parler, c’est Ahmed Merabet, le policier de confession musulmane abattu sur le trottoir par les frères Kouachi. Le hastag JesuisAhmed est devenu le plus populaire sur Twitter après JesuisCharlie. Lors d’une conférence de presse, son frère, Malek, a dit qu’Ahmed était « très fier de s’appeler Ahmed Merabet, de représenter la police française et de défendre les valeurs de la République…Je m’adresse maintenant à tous les racistes, islamophobes, antisémites. Il ne faut pas mélanger les extrémistes et les musulmans. Les fous n’ont ni couleur, ni religion. Je tiens à soulever encore un point : arrêtez de faire l’amalgame, de déclencher des guerres, de brûler des mosquées ou des synagogues. Vous vous attaquez à des gens. Ça ne ramènera pas nos morts et ça n’apaisera pas les familles ». 

À vous maintenant…

Listen to this extract from François Hollande’s address to the French nation and answer the questions that follow:


1. What does François Hollande say has been attacked today?
2. What, for Hollande, does the term ‘republic’ represent?
3. What message does France ‘defend’ by means of military operations?
4. What sort of messages has France received from around the world?
5. How will France deal with those responsible for Wednesday’s events?

 

 

Qui est…Philippe Bouvard?

jeudi, 26 juin 2014

 

Philippe Bouvard

Philippe Bouvard

Philippe Bouvard est journaliste, humoriste, ancien patron de théâtre de music-hall, auteur de cinquante-cinq livres, mais surtout animateur de  l’émission phare de RTL, Les Grosses Têtes, qu’il présente depuis 37 ans. Oui, j’ai bien dit 37 ans. Lancée en 1977, l’émission est célèbre autant pour ses invités d’honneur que pour son mélange de culture et d’humour gaillard. Grâce à Bouvard et ses sociétaires (ses co-présentateurs), Les Grosses Têtes, diffusée tous les après-midis de lundi à vendredi, attire régulièrement environ deux millions d’auditeurs.

La recette magique: un peu sur l’actualité, des interviews assaisonnées de questions de culture générale (envoyées par les auditeurs) et puis, bien sûr, des blagues – la plupart du temps d’un goût douteux. Toutes les grandes personnalités de la vie française – et beaucoup des moins grandes – ont été interviewées: acteurs, politiques, académiciens, proxénètes, écrivains. Bouvard a réussi à faire de l’émission un élement incontournable du paysage radiophonique français et pour beaucoup de Français (et au moins un Irlandais) un rendez-vous quotidien à ne pas rater. Mais cette semaine, c’est la fin d’une ère car Philippe Bouvard présente sa dernière émission vendredi le 27 juin et à la rentrée sera remplacé par Laurent Ruquier.

 

Ce n’est pas la première fois que Philippe Bouvard quitte Les Grosses Têtes: en 2000 la direction de RTL, le jugeant trop âgé (à l’époque, il était un gamin de 70 ans ), l’avait viré pour le remplacer par Christophe Dechavanne. En quelques mois, le nombre d’auditeurs était en baisse de 600.000 et RTL a donc pris la décision en 2001 non seulement de réembaucher Bouvard mais d’ajouter trente minutes à l’émission. Mais cette fois-ci, à 84 ans, Bouvard part plus ou moins de son plein gré:  « Ce n’est pas moi qui ai pris la décision. Je l’ai acceptée parce que j’ai fait confiance à celui qui l’a prise. Et il y a un argument qui m’a fait réfléchir : celui de l’année de trop…pour me consoler, je me dis que je laisse un enfant de 37 ans et demi et qu’à cet âge-là il est capable de marcher tout seul… »

Que tous ses fans soient rassurés: son départ n’est qu’un au revoir car il espère revenir en triomphe en septembre avec une nouvelle émission  hebdomadaire qui sera diffusée dimanche après-midi. « Je rêve depuis des décennies d’une émission qui s’appellerait immodestement  Allô Bouvard  et où, pendant une heure ou une heure et demie, je prendrais en direct tous les interlocuteurs pour parler de tous les sujets. Pour moi, ce serait l’apothéose. C’est le vœu ultime d’un journaliste multimédias qui a une petite compétence dans tous les sujets. »

 

 

 

 

 

Neknomination vs smartnomination

mardi, 25 février 2014

 

DrinkvsFood

Nous connaissons tous la biture express (ou, plus correctement     « la beuverie express » selon un avis du Journal officiel du 28 juillet 2013): la pratique, malheureusement très répandue chez les jeunes, qui consiste à boire autant d’alcool que possible aussi vite que possible. Ou si vous préférez la définition officielle: «Absorption massive d’alcool, généralement en groupe, visant à provoquer l’ivresse en un minimum de temps. »

Mais avec un nouveau phénomène, neknomination, les Australiens ont poussé la beuverie express à l’extrême en introduisant deux nouveaux éléments: le narcissisme et le défi.  Narcissisme, parce qu’on se filme en train de boire des quantités énormes d’alcool – souvent jusqu’à un demi-litre de vodka ou trois litres de bière d’un seul coup – et puis on met la vidéo sur sa page Facebook.  L’élément du défi vient du fait que la deuxième étape de ce jeu consiste à défier trois personnes d’en faire autant dans les vingt-quatres heures qui suivent. Bien sûr, c’est une activité aussi dangereuse que débile et la neknomination est déjà liée à deux morts en Irlande. Au début du mois de février un jeune étudiant de Carlow, âgé de dix-neuf ans, ayant relevé le défi de ses camarades, a bu un mélange de bière et de vodka et puis s’est jeté nu dans une rivière près de chez lui. Son corps a été retrouvé le lendemain matin.

Mais les Français, eux, viennent de livrer bataille contre cette pratique dangereuse avec une nouvelle arme: « la smartnomination» . Selon Le Nouvel Observateur, « l’initiative a été lancée par Julien Voinson, commercial et photographe. Désigné pour participer à une neknomination, il a choisi de changer les règles du jeu. Fini l’alcool, le jeune homme de 23 ans défie ses amis d’effectuer une bonne action. Et ce, toujours en moins de 24 heures, créant ainsi une chaîne de solidarité. Dans une vidéo publiée le 12 février sur YouTube, on le voit en train de distribuer des hamburgers et des bouteilles d’eau à des sans-abri.’Quitte à être nominé, autant faire quelque chose qui soit intelligent et utile !’, explique-t-il sur Facebook. »

Voici une vidéo d’un autre jeune homme qui explique comment c’est facile de ne pas participer à neknomination et de faire une bonne action (la tise, c’est l’alcool):

Plus lentement, s’il vous plaît…

À vous maintenant…

Philippe Bouvard and his guests discussed neknomination on his programme, Les Grosses Têtes, last week.

  1. What two categories of people should be careful of this new ‘game’?
  2. What is the second stage of this ‘game’?
  3. What, according to one of the speakers, is the purpose of this activity?
  4. Why do young people drink more now than when the guests were young?
  5. What joke is made about the early age at which one of the guests says he started drinking?
  6. What type of drinks are singled out for criticism?

Les morts de la rue

jeudi, 23 janvier 2014
(L'Express)

(L’Express)

Peter McVerry, prêtre jésuite, travaille avec les sans-abri à Dublin depuis plus de trente ans. Lors de la publication récente du rapport annuel du Peter McVerry Trust, il a affirmé que le problème des SDF (sans-domicile fixe) continue à s’aggraver et qu’ils sont plus nombreux aujourd’hui que jamais. En 2012, sa fondation a aidé plus de 2.000 personnes à trouver un logement provisoire, un chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis l’inauguration de la politique d’austérité. Malgré tous les efforts des organisations caritatives,  ces derniers mois à Dublin il y a, chaque nuit, plus de  cent personnes qui dorment dans la rue. Le 12 novembre dernier, 139 personnes sans abri ont été recensés, une augmentation de 45 par rapport aux chiffres pour avril. La plupart des sans-abri sont des hommes (80%) dont 25% sont âgés entre 18 et 30 ans.

En France, une étude menée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (l’INSEE) a révélé qu’il y avait 141.500 personnes sans domicile fixe en 2011, soit 11.500 de plus par rapport à l’année précédente – et cela représente une augmentation de 50% depuis 2001. À Paris, on estime à entre 10.000 et 15.000 le nombre de SDF. Selon la définition de l’INSEE, une personne est dite sans domicile si elle a passé la nuit précédant l’enquête dans un lieu non prévu pour l’habitation (on parle alors de sans-abri) ou dans un service d’hébergement. Souvent, les SDF dorment dans les stations de métro, dans les parcs ou sous les ponts mais on entend parler aussi de certains SDF qui dorment même dans les cabines téléphoniques.

cabine-telephonique-sdf

En Irlande comme en France, le stéréotype du SDF c’est quelqu’un qui a des problèmes avec l’alcool ou  la drogue – mais, en réalité, n’importe qui pourrait facilement se retrouver sans abri, du jour au lendemain, suite à une dépression, une crise financière ou une rupture familiale. Vivre en marge de la société, c’est connaître l’insécurité, la violence, la peur. En août dernier, le corps d’un SDF d’origine polonaise a été retrouvé dans une benne à ordures dans un centre de tri. Juste avant Noël, à Dublin,  un SDF âgé de trente ans a été tué dans le Phoenix Park.  En France, selon le collectif Les Morts de la Rue, entre novembre 2012 et mai 2013, 253 personnes ont été retrouvées mortes dans la rue; rien que pour la période entre le 1er janvier  et le 20 janvier 2014, quatorze SDF ont été retrouvés morts. Depuis quelques années, le collectif  organise une cérémonie à Paris pour rendre hommage aux personnes décédées dans la rue où les organisateurs lisent, un par un, les noms des disparus: « …pour prononcer leur nom une dernière fois, dignement. »

À vous maintenant…

  1. What is the first statistic we are given?
  2. To where, according to the speaker, does ‘la rue’ lead?
  3. At what age, on average, do homeless people die in: (a) Ile de France (i.e., the Paris region) and (b) elsewhere in France?
  4. What figures are we given for 2013?
  5. Why do so many die?
  6. What do homeless people have a tendency to do?

Merci à RTL, rue89.

Olympe de Gouges au Panthéon?

dimanche, 17 novembre 2013

Avec plus de 700.000 visiteurs chaque année, le Panthéon est un des sites touristiques les plus visités de Paris. Situé dans le Quartier latin, à deux minutes du Jardin du Luxembourg, le Panthéon est une ancienne église où sont inhumés  « les grands hommes » de France. Même si le mot panthéon vient du grec (cela signifie « à tous les dieux »), les Français ont emprunté l’idée d’un panthéon aux Romains: c’est le général Marcus Agrippa qui a eu l’idée de faire construire un temple dédié aux dieux en 27 av. J.-C.

 

 

Juste après la révoution en 1789, les Français cherchaient un endroit où ils pouvaient honorer tous les hommes qui avaient contribué à la gloire du pays. Emmanuel Pastoret a proposé l’Église Sainte-Geneviève qui dominait toute la partie sud-est de la capitale et qui, jusqu’à la construction de la Tour Eiffel, était le monument le plus élevé de Paris. L’église a été rebaptisée le Panthéon et est devenue une nécropole qui accueillirait les cendres des grands hommes. Au-dessus du fronton étaient gravés les mots: AUX GRANDS HOMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE.

Vous avez peut-être remarqué la répétition du mot « hommes »? Et voilà tout le problème aujourd’hui: conçu à une époque où les femmes participaient peu, ou pas du tout, à la vie publique le Panthéon est resté un monument presque exclusivement masculin. Sur les 71 personnages inhumés, on ne compte que deux femmes – ce qui n’est pas très impressionnant pour un pays qui se vante de son respect pour l’égalité. Ces deux femmes sont Marie Curie et Sophie Berthelot, et toutes les deux sont enterrées chacune à côté de son mari. Marie Curie, physicienne et chimiste, nobélisée deux fois, tout le monde reconnaît son génie –  même si vous n’arrivez à dénicher qu’un D3 en chimie au Leaving Cert. Sophie Berthelot, en revanche, y repose avec son mari tout simplement parce que  « les deux époux qui s’étaient tendrement aimés, avaient demandé à ne pas être séparés dans la mort plus qu’ils ne l’avaient été dans la vie. » Comme elle est morte seulement trois ou quatre heures avant son mari on lui a attribué cette honneur      « en hommage à sa vertu conjugale ».

Olympe de Gouges

Olympe de Gouges

Voilà pourquoi Philippe Bélaval, actuel administrateur du Panthéon, veut tout changer. « Je propose à François Hollande de ne panthéoniser que des femmes pendant son mandat parce que le déséquilibre hommes/femmes est très fort. » Même si Bélaval a une préférence pour les femmes qui ont participé aux deux guerres et à la Résistance, un nom qui revient dans tous les sondages est celui d’Olympes de Gouges. Pour en savoir un peu plus, écoutez l’extrait sonore ci-dessous.

À vous maintenant…

  1. Who is Jean-Louis Debré?
  2. How did Olympe de Gouges die?
  3. What was her principal activity?
  4. During which historical period did she live?
  5. What document did she help to draft?
  6. What did she and other women want?
  7. What unusual ‘right’ did she want for women?
  8. How was she dealt with?

Production Écrite

Le gouvernement décide d’établir un Panthéon irlandais. Choississez une femme que vous aimeriez proposer au Panthéon et expliquez votre choix. (90 mots)

Manifestations

vendredi, 5 octobre 2012

En quoi les Irlandais sont-ils différents des Français? On s’habille plus ou moins comme les Français; on écoute plus ou moins la même musique. Les Français boivent plus, peut-être? Non, les Irlandais boivent un peu plus que les Français  – en 2009, la consommation moyenne en Irlande était de l’ordre de 13,4 litres d’alcool pur par habitant; en France, c’était 13 litres. Les Français fument plus que nous? Ça dépend – trente-trois pour cent des Français fument, contre trente et un pour cent des Irlandais mais nous fumons seize cigarettes par jour en moyenne alors que les Français en fument douze. Alors, en ce qui concerne les vêtements, la musique, le tabac et l’alcool, les différences sont négligeables. Il existe pourtant  un domaine où l’on peut constater une vraie différence – le désir d’exercer le droit de manifester, de descendre dans la rue pour témoigner de son mécontentement.

Les Français participent plus à la vie politique et ils adorent les manifestations. En 2011, la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation a enregistré 3.655 manifestations à Paris, ce qui fait une moyenne époustouflante de dix par jour, rien qu’à la capitale. Retraités, étudiants, salariés, enseignants, homosexuels, lycéens, militants islamistes, syndicalistes – tous, à un moment ou à un autre, sont descendus dans la rue pour revendiquer leurs droits ou pour protester contre telle ou telle injustice. Certaines manifestations attirent très peu de participants  – par exemple, en juillet une manifestation devant l’Hôtel de Ville pour protester contre la fraude électorale au Méxique n’a rassemblé que cinquante personnes. D’autres manifestations rassemblent plus de 300.000 personnes (selon les organisateurs; moins, naturellement, selon la police). Peut-être à cause de la crise financière on constate une hausse de 100% dans le nombre de manifestations à Paris depuis 2007.

En Irlande, par contre, où nous vivons la pire crise économique depuis la fondation de l’État, où nos banquiers se sont révélés corrompus, où le ministre de la Santé ferme les hôpitaux à tour de bras et où on ne peut plus payer les assistants de scolarisation, personne ne fait rien. Dans un livre publié récemment, Boomerang, l’auteur américain, Michael Lewis, s’étonne de la façon dont les Irlandais semblent contents d’accepter tout ce qui leur arrive sans broncher et sans vouloir organiser des grandes manifestations. À part un retraité qui a lancé deux oeufs pourris lors d’une réunion des actionnaires de AIB et un constructeur qui a garé sa bétonnière dans l’entrée du Parlement national, il n’y a eu rien qui puisse rivaliser les grands rassemblements parisiens. C’est peut-être vrai, à la fin, ce qu’on dit: nous avons les élus politiques que nous méritons.

À vous maintenant…

Écoutez cet extrait (ou regardez cet extrait)  des informations. Répondez aux questions suivantes:

1. What time of the day is the protest march taking place?

2. Who is protesting?

3. What percentage increase has taken place in protests since 2010?

4. What nickname has Paris earned?

5. How does the police spokesman say they handle protest marches?

6. How many protest marches were held in Paris on March10th?

A matter of time?

dimanche, 22 avril 2012

It’s looking as though time is running out for Nicolas Sarkozy. Early results from today’s first round in the presidential election saw François Hollande emerge with about 29% of the votes as against Sarkozy’s 26%. Two surveys carried out this evening by Ipsos and Ifop suggest that Hollande will win the second and final round on 6 May with 54% of the  electorate voting for him.

Une des raisons pour lesquelles les Français semblent vouloir se débarrasser de Sarkozy c’est tout simplement parce que, …Lire la suite…

La voiture qui fait ‘chuuuut’ au lieu de faire ‘vroum’

mardi, 6 décembre 2011

Vélib’, le réseau parisien de vélos qu’on peut louer à des tarifs modestes, connaît un tel succès depuis sa création en 2007 que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, vient d’inaugurer, hier matin,  Autolib’, un service de voitures électriques en libre-service.

Il paraît que les Français n’aiment plus la voiture. Lors des sondages récents sur l’automobile, les adjectifs qui reviennent le plus souvent sont «cher», «polluant» et «rapide». Régis de Solère, qui travaille pour le Centre d’études et de recherche sur les transports urbains, explique: «Vers 2006 il s’est produit une rupture. Pour la première fois dans l’histoire de l’automobile, son usage a reculé en France.»

Selon le journal Libération, la moitié des ménages Parisiens n’ont pas de voiture – contrairement à Dublin où chaque ménage semble en posséder au moins deux ou trois. Comme beaucoup de voitures parisiennes passent la plupart de la semaine au parking et comme cela coûte cher (on estime à 5.500 euros les frais annuels pour l’automobiliste moyen), l’idée de louer une voiture plutôt que d’en acheter une semble tout à fait logique.

À l’instar de Vélib’, les tarifs sont abordables: 144 euros pour une personne seule, 132 pour une famille par an. Après, on règle ses consommations : la première demi-heure coûte 5 euros, la suivante 4 et toute demi-heure supplémentaire 6.

L’abonnement Hebdo coûte 15 euros, et le Découverte (pour un jour) 10. Dans les deux cas, première demi-heure à 7 euros, deuxième à 6 et les suivantes à 8. Les vingt premières minutes sont facturées même si on a fait qu’un tour de pâté de maisons. Au-delà, on paie à la minute près. Autolib est accessible dès 18 ans. (Libération)

Les 3.000 Bluecars (bien qu’elles soient d’une couleur grise) seront disponibles dans plus de 1.200 stations. Chaque véhicule est équipé d’un système GPS et peut faire 250km avant d’être rechargé. Les seuls problèmes: il faut huit heures pour recharger la batterie; les voitures sont si silencieuses que les piétons ne les entendent pas. Hier soir, autolib’ a fait sa première victime dans le XIIe arrondissement quand une femme a été renversée alors qu’elle traversait la rue Taine.

À vous maintenant…

  1. Who is told to ‘watch out’? Why?
  2. Give three pieces of information about the design of the cars.
  3. According to  Vincent Bolloré, what is the advantage of these cars when moving off at a green light?
  4. According to Bolloré, what comment do pedestrians make?
  5. How many stations are there at the moment?
  6. According to Annick Lepetit, what do you have to do in order to get into the car?

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