Archive for the ‘Grammar’ Category

Les Français·es sont divisé·es!

samedi, 2 décembre 2017

L’écriture inclusive

Le très prestigieux Trinity College (de son vrai nom University of Dublin), berceau de Jonathan Swift, d’Oscar Wilde et de Samuel Beckett vient d’annoncer une décision importante : l’étudiant(e) de première année ou de deuxième année ne pourra plus se vanter du titre Junior Freshman ou Senior Freshman. Désormais il/elle portera le titre « Junior Fresh » ou « Senior Fresh ». La décision de supprimer la syllabe « man » vient du désir d’être plus inclusif. Selon Chris Morash, vice-Provost de Trinity College, c’est une réforme à la fois « petite mais importante » qui vise à rassurer tous les étudiants qu’ils sont tous « inclus », quelle que soit leur identité sexuelle.

Cette décision n’a pas fait l’unanimité des lecteurs du quotidien « The Irish Times ». Certains lecteurs se sont mis tout de suite à rédiger des lettres pour se moquer d’une tendance  qu’ils jugent trop « politiquement correcte ». Un lecteur s’inquiète pour le comté de Fermanagh, dans le nord du pays – si on supprime la syllabe man partout, est-ce qu’il faudra maintenant l’appeler Feragh ? Un autre lecteur se demande si l’instrument musical « mandolin » sera rebaptisé « dolin ». Cela me rappelle l’histoire (sans doute inventée) de la proposition  du conseil administratif de la ville de Chicago de transformer les « manhole covers – plaques d’égoût » en « personhole covers ».

En France aussi, depuis quelques années, l’inclusivité linguistique fait polémique. On reproche souvent à la langue française un certain sexisme grammatical : les jeunes élèves anglophones de douze ans sont souvent surpris d’apprendre qu’en français le masculin l’emporte toujours sur le féminin. Imaginons, par exemple, une classe de vingt-quatre filles et un seul garçon. « Ils sont sympa, ces élèves ! », se dit le professeur. Ou la professeur? Enfin, bref. Et parmi les chères têtes blondes qui ânonnent comme une ronde en apprenant leurs verbes : « je , tu , il, elle, nous… » il y a toujours une qui demande au prof/ à la prof : « Pourquoi on met toujours il avant elle ? » .

C’est pour lutter contre ces pratiques linguistiques que le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes a publié un « Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe ». Selon le HCE, pour éviter le sexisme linguistique il faut faire trois choses :

  • féminiser les professions – professeure, auteure, pompière etc.
  • inclure les deux genres en parlant d’un groupe – Bonjour à toutes et à tous ! Les candidats et les candidates…
  • utiliser des termes neutres autant que possible – au lieu de dire « les droits de l’homme » il faudrait dire « les droits humains ».

La maison d’édition Hatier a trouvé une autre solution dans son premier manuel scolaire en écriture inclusive publié en  mars. Cela consiste à insérer la terminaison du féminin entre des points: Grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule était un pays riche. L’avis de la plupart des médias ? Pas très pratique, pas très joli et, surtout, pas très lisible.  L’Académie française, dont la fonction est de protéger la langue française, l’a critiquée aussi. Elle a lancé un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

La réaction d’un ancien ministre de l’Éducation, Luc Ferry, sur Twitter  : « On aimerait savoir qui est le crétin ou la crétine qui a inventé une écriture inclusive imprononçable et en rupture avec toute la littérature. »

À vous maintenant…

Voici un extrait d’une émission de RTL où Margaux Collet parle de l’écriture inclusive:

  1. What does she say academicians and linguists have done in the past?
  2. What linguistic rule dates only from the seventeenth century?
  3. What does she say about trades and professions during the Middle Ages?
  4. What is the effect on women of constantly using masculine forms in writing and in speech?
  5. How are women depicted in school books today?

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La Saint-Sylvestre ou le saint Sylvestre?

jeudi, 1 janvier 2015

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Hier soir,  la France, comme tous les pays du monde, a fêté le Nouvel An. Contrairement à l’Irlande où l’on a tendance à fêter la fin de l’année dans les pubs, le soir du 31 décembre en France, c’est le réveillon de la Saint-Sylvestre, une fête qu’on célèbre entre amis et en famille. Les ingrédients essentiels de cette soirée? Un repas copieux, quelques verres de champagne, des pétards et, si vous avez de la chance, du gui sous lequel vous arriverez peut-être à embrasser la fille ou le garçon de vos rêves. Mais qui est ce saint Sylvestre qui a eu la gentillesse de prêter son nom à cette fête – et pourquoi s’embrasse-t-on sous le gui plutôt que sous le houx ou le lierre?

Le pape Sylvestre Ier

Le pape Sylvestre Ier

Sylvestre Ier (270-335) était le trente-troisième pape de l’Église chrétienne et un des premiers papes à être canonisé sans avoir été martyrisé.  Selon une légende médiévale, Sylvestre aurait guéri l’empereur Constantin d’une grave maladie en le baptisant. C’est donc sous le pontificat de Sylvestre que l’Empire romain s’est converti du paganisme au christianisme. On lui attribue aussi certains miracles – par exemple,  non seulement aurait-il réussi à vaincre un dragon mais il aurait aussi ressuscité un taureau. En reconnaissance de ces talents l’Église a décidé que le saint Sylvestre méritait un jour de fête et on lui a accordé le 31 décembre. Comme on fête la fin de l’année ce même jour, le réveillon s’appelle donc le réveillon de la Saint-Sylvestre. Mais pourquoi la Saint-Sylvestre avec ‘s’ majuscule à ‘saint’ et pourquoi ce trait d’union? Alors, « la » parce que c’est la fête de saint Sylvestre et le mot « fête » est sous-entendu; on met un ‘s’ majuscule parce qu’il s’agit d’un nom propre; et, finalement, un trait d’union parce que…eh bien, voilà, personne ne sait trop, c’est comme ça, et puis c’est tout.

 

Une belle tradition

Une belle tradition

Quant aux origines de la très sympathique tradition de s’embrasser sous le gui, il faut remonter encore plus loin que Sylvestre pour trouver une explication. Chez les druides celtes, le gui était considéré comme une plante sacrée, dotée de pouvoirs magiques. Une légende dit que les druides l’accrochaient à l’entrée de la maison pour se protéger des mauvais esprits et on embrassait tous les visiteurs sous le gui pour leur transmettre la protection et la chance. Quoi qu’il en soit, c’est une coutume qui persiste jusqu’à nos jours – une coutume dont personne, autant que je sache, ne se plaint.

À vous maintenant…

Écoutez cet extrait des infos de RTL et répondez aux questions:

  1. How was this year’s New Year’s Eve (la nuit du réveillon) described?
  2. How many cars were set on fire this year?
  3. How many cars were set on fire last year?
  4. How many people were arrested (interpellé) this year?
  5. What tragic event occurred in Sainte Catherine?

 

Avez-vous le swag?

samedi, 1 novembre 2014

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Les langues évoluent et changent tout le temps. Nous savons tous que les Anglais ne parlent plus l’anglais exactement comme il se parlait au temps de Shakespeare et nous sommes tous d’accord que  lire Othello ou King Lear au vingt-et-unième siècle pose quelques difficultés pour la plupart des lecteurs. Naturellement, le français ne fait pas exception à cette règle linguistique. Comme en anglais, chaque nouvelle génération de francophones invente son propre vocabulaire, ses propres expressions et ses façons de s’exprimer et, du coup, il peut y avoir souvent des difficultés de compréhension entre parents et enfants. Un reportage hier soir sur France2 (au Journal de 20 heures) sur la publication du Dictionnaire ados français a révélé quelques expressions que ni les Français ni les étrangers qui étudient le français apprennent à l’école.

Commençons par ‘avoir le swag‘: pas trop difficile pour les adolescents anglophones puisque c’est un emprunt à l’anglais et beaucoup d’entre eux l’emploient déjà. Son origine est sans doute le mot anglais ‘swagger’ ce qui se traduit par ‘se pavaner’, ‘fanfaronner’.

 

Ce monsieur, âgé d’une soixantaine d’années et doté d’un sens de l’humour, est incollable. Pour lui, ‘swag’ est un adjectif:

 

Ensuite, le mot ‘sosse‘. Pour cette mère d’une cinquantaine d’années, le mot, ou plutôt le son, ne signifie qu’une chose:

Mais pour sa fille adolescente, ‘sosse’ veut dire:

Et maintenant l’explication de l’origine du mot:

 

Parmi les mots qui figuraient sur la couverture du livre ou dans le reportage, on retient les suivants que j’ai mis dans des phrases qui expliqueraient leur sens:

  • cassos – C’est un vrai cassos ce mec. Il ne travaille jamais et il boit et il fume.
  • boloss – Regarde ce gros boloss! Il ne sait pas s’habiller, et parle trop fort.
  • chanmé – Il est chanmé, le nouveau film de Ryan Gosling.
  • bader– Ma petite amie parle trop à Pierre. Ça me fait bader.
  • dar – Avec tous les examens c’est dar en ce moment! OU La fille que j’ai vue avec Pierre, elle était trop dar !

Essayez de trouver le sens en lisant la phrase. Vous trouverez les définitions ci-dessous – mais pas dans le bon ordre.

>méchant, vicieux ou impressionnant, appréciable. Synonyme de terrible.

>difficile ou bien.

>désigne une personne présentant des difficultés sociales ou économiques : un cas social.

> stresser, inquiéter, angoisser

> individu qui n’a pas de style, pas très intelligent

 

Merci à FRANCE2

Pour lire plus: Le dictionnaire de la Zone OU

http://www.20minutes.fr/insolite/1472207-20141031-trop-swaggrave-seum-dico-comprendre-ados

 

 

 

Les paradoxes français

dimanche, 12 octobre 2014
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The French Paradox, Ballsbridge, Dublin.

La France, c’est un pays de paradoxes, de contradictions. C’est à Charles de Gaulle, grand homme d’État, héros de la seconde guerre mondiale et président de la France entre 1959 et 1969 qu’on attribue la célèbre formule: Comment voulez-vous gouverner un pays qui a deux cent quarante-six variétés de fromage? C’était sa façon de dire que, malgré toute la bureaucratie et la centralisation du pouvoir, les Français restent néanmoins très attachés à leur terroir et restent indépendants d’esprit.

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La plupart du temps quand on parle du « paradoxe français » on parle d’un phénomène médico-diététique. Les Français consomment énormément de matières grasses – des croissants au beurre le matin au pâté de foie gras le soir, en passant par les rillettes à midi, et tout cela arrosé souvent de deux ou trois bouteilles de vin. Et pourtant, le taux de maladies cardio-vasculaires en France est inférieur à celui des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Irlande (la Grande-Bretagne compte chaque année 736 événements cardiaques pour 100 000 habitants, la France 274). Comment expliquer ce paradoxe? Pauline Coti Bertrand, médecin suisse: « La chair d’oie et de canard est riche en graisses mono-insaturées. Ces graisses consommées sans prise de poids, donc dans des quantités modérées, ont un effet protecteur sur les vaisseaux sanguins…nous avons besoin de toutes les graisses. »

Simone Veil et autres membres de l'Académie française

Simone Veil à l’Académie française

Il existe d’autres paradoxes – par exemple, celui du statut de l’Académie française. Créée en 1635 par le Cardinal Richelieu, l’Académie a pour mission de protéger la langue française et de rédiger des dictionnaires: c’est l’autorité suprême en ce qui concerne le bon usage de la langue de Molière. Le problème c’est que le Français moyen et même les membres du gouvernement n’en font qu’à leur guise. Depuis au moins une trentaine d’années beaucoup de Français réclament une « féminisation » des métiers et des titres: pourquoi pas une professeure, une auteure, une ingénieure ou une présidente?  Une liste de métiers « féminisés » a été publiée en 1999 par la Documentation française, avec le soutien et une préface du Premier ministre, Lionel Jospin, au grand dam de l’Académie. Sa réponse officelle: « l’Académie française déplore les dommages que l’ignorance … inflige à la langue française et l’illusion selon laquelle une grammaire « féminisée » renforcerait la place réelle des femmes dans la société ». Pourtant, la semaine dernière, Sandrine Mazetier, député(e) et président(e) de séance à l’Assemblée nationale s’est fâchée avec un député qui persistait à l’appeler « Madame le Président » et lui a infligé une amende de 1.378 euros.

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Un dernier paradoxe concerne la littérature et les maths. La France, c’est un pays qui se veut cultivé, sophistiqué et littéraire. C’est l’un des rares pays où la philosophie est enseignée aux élèves de seize ou dix-sept ans; le prof de philosophie jouit d’un statut quasi-mythique. Ils adorent lire, les Français – du moins 80 % des jeunes de 15 ans à 24 ans prétendent avoir lu un livre dans les douze derniers mois ; 70 % de Français, tous âges confondus. Néanmoins, aux lycées il existe une hiérarchie de filières: en tête, la filière S (sciences/maths) qui est considérée la plus prestigieuse; viennent ensuite ES (économique et social) ou STG (sciences de technologies et de gestion) et, en dernière position, L (littéraire). Voici une formule révélatrice d’un prof anonyme qui exprime le mépris de la littérature: «Un bon élève va toujours en S, un élève moyen en ES et un médiocre va en STG et s’il n’y a pas de place en STG, il va en L». Les matheux, ceux qui sont forts en maths, plaisantent: « les S conçoivent le carton, les STG le construisent, les ES le commercialisent et les L dorment dedans ».

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Pour lire plus sur la féminisation des métiers.

 À vous maintenant…

Alain Finkielkraut, a sometimes controversial figure, was elected to the Académie française a few months ago. Listen to this extract from RTL and answer the questions.

  1.  What is the first term used to describe him?
  2. What is his background?
  3. What compliment does the speaker pay him?
  4. What do his adversaries complain about?
  5. Which areas of French life is he pessimistic about?

 

 

Et si on mangeait les enfants?

lundi, 22 avril 2013

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Do you lie awake at night worrying about declining standards of punctuation? Are you one of those people who wince when they hear someone mispronouncing a word? Does the misuse of ‘like’ – as in ‘That French homework was, like, way too difficult.’ – make you want to give someone a sound thrashing?

Si la réponse est oui, alors vous êtes taillé du même bois que  Philippe Bouvard, humoriste, journaliste et présentateur depuis trente-six ans de l’émission culte sur RTL,  « Les Grosses Têtes » . Tout comme il existe beaucoup de personnes qui parlent l’anglais comme langue maternelle et qui commettent des fautes tout le temps, les Français, eux aussi, font des erreurs. Lors d’une émission il y a quelques mois sur le français et les langues étrangères, Philippe Bouvard s’inquiétait de la façon dont on massacre le français et, avec l’aide de ses invités, il a dressé une liste des fautes de français qui l’agacent et qui le font souffrir. En voici quelques-unes (dans chaque exemple l’usage fautif est en rouge):

  1. Les fautes d’accord des participes passés –  c’est-à-dire quand on dit ou écrit  « la photo que j’ai pris » au lieu de dire « la photo que j’ai prise ».
  2. Les fautes de liaison – comme vous le savez, dans certains cas avant une voyelle il faut prononcer la lettre finale du mot qui précède. Exemple: de temps en temps se prononce toujours de tenz en temps. Mais avec l’expression « petit à petit » on entend souvent  « peti à petit ». Erreur grave et impardonnable!
  3. La disparition des négations – c’est-à-dire quand on dit « je sais pas » au lieu de dire « je ne sais pas » ou « il a pas fait ça » au lieu de dire « il n‘a pas fait ça ».
  4. Au lieu de dire « je pars pour Londres » on dit « je pars à Londres ».
  5. Au lieu de dire « je vais à Paris » on dit « je vais sur Paris ».
  6. On a tendance à employer « par contre » où  « en revanche » conviendrait mieux.
  7. On dit « j’ai mangé à midi » au lieu de dire « j’ai déjeuné » .
  8. On dit « j’ai mangé hier soir » au lieu de dire « j’ai dîné hier soir» .
  9. Au lieu de dire  « cela dit » on dit « ceci dit » .
  10. Pour terminer, il y a la confusion entre apporter et amener. On apporte un cadeau et on amène une personne.

À vous maintenant…

Later in the programme, one of his guests tells a truly atrocious bilingual joke which is greeted by a baffled silence. It concerns a Frenchman who wants to learn English and who spots a cheap offer for a language course in a newspaper. See if you can get the ‘joke’:

Faire les dix-neufs coups

samedi, 12 novembre 2011

Learners of a language are by turns frustrated and delighted to discover that even the simplest of words can often have several unrelated meanings. Flann O’Brien, author of At-Swim-Two-Birds (soon to be filmed by Brendan Gleeson), used to knock a lot of humour out of the Irish language’s tendency towards multi-tasking and would poke fun at Dinneen’s famous Irish-English Dictionary in which the entry for the word dáil reads as follows: act of pouring out, distributing, administering, conferring, meeting…a hostile encounter; an astronomical conjunction; fate, a law-case…an at-home at which an engagement is announced, a match-making meeting, an enclosure… And so it continues for another column and a half.
…Lire la suite…

Vouvoyez-vous les voyous?

samedi, 26 mars 2011

The tu/vous distinction in French can create tricky problems for the French that just don’t arise in English. Picture this: you’re a busy and ambitious lawyer. A psychopathic drug dealer you’ve met a few times in the course of your work drops around to your apartment, uninvited. The way they do. He wants you to represent him. He uses tu to you. Should you use tu or vous to him?

Regardez cet extrait de la série Engrenages (légèrement remanié) où maître Josephine Karlsson n’y va pas par quatre chemins pour expliquer à Aziz,  caïd de la cité, comment il faut lui parler*:

Eh oui, l’usage du tutoiement et du vouvoiement est bien compliqué. En général, en parlant avec une personne, on tutoie ses amis et on vouvoie ceux qu’on ne connaît pas. Pourtant, si l’on a envie de garder une certaine distance professionnelle on peut vouvoyer même des gens qu’on connaît depuis des années.

Mais il y a aussi un élément social: le vouvoiement est plus répandu dans la haute société alors que le tutoiement se pratique plus dans les classes populaires. On raconte souvent que l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, qui aime se donner un air aristocratique, vouvoie sa femme, ses enfants et même ses chiens. Dans l’extrait ci-dessus, Aziz tutoie Karlsson pour plusieurs raisons: parce que tout le monde se tutoie dans la cité; parce que Karlsson est une femme, donc inférieure (il est misogyne); parce qu’il sait qu’elle n’apprécie pas ça et il aime l’agacer. Elle, par contre,  insiste sur le vouvoiement par souci de rester professionnelle et aussi pour montrer qu’elle ne se laisse pas intimider par un voyou.

Voici un commentaire tiré d’un forum internet où on parlait du vouvoiement:

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Posté le 18-04-2008 à 10:39:30

C’est dans ma famille et celle de mon mari une longue tradition. Mes parents se vouvoient, je les vouvoie, et ils m’ont vouvoyé jusqu’à mes 16 ans. Avec mon époux nous nous tutoyons, mais nous avons décidé que nos 4 enfants nous vouvoyaient.Nous avons eu un peu de mal à l’obtenir des deux derniers, mais nous avons tenu bon. Cela nous paraît tout à fait naturel.Pour que ce soit plus simple pour eux, nous les vouvoyons. Le respect et l’obéissance des enfants est important chez nous, et ce « vouvoiement » fait partie avec d’autres traditions d’une éducation assez stricte que nous leur donnons.

Et maintenant un extrait  d’un article sur le vouvoiement par Angélique Négroni publié le 14/10/2007 dans Figaro.fr:

…chez Caroline de La Soudière et Jean-Pierre Niaut, installés près de Chantilly (Oise) « Pour leur apprendre à être responsables », monsieur vouvoie les enfants. Madame les tutoie après les avoir vouvoyés: « Quand ils sont nés, leur apparition était presque divine, alors je les ai vouvoyés. Puis je les ai tutoyés pour leur faire plaisir quand ils ont eu le bac ! » La progéniture, quant à elle, tutoie les parents!
Rares sont les jeunes couples qui, comme Amélie et Éric de Beaumont, la trentaine, ont instauré entre eux le vouvoiement. « On se connaissait depuis l’âge de 13 ans et on se tutoyait. On s’est vouvoyé lors des fiançailles pour singulariser notre relation. On utilise le tutoiement avec nos quatre enfants », explique la jeune femme.


*Elle:  Bonjour quand même…non, excusez-moi, je suis très occupée.

Lui:  Vas-y, sois gentille un peu –

Elle: Bon, vous voulez quoi?

Lui: Je veux que tu sois mon avocate. Je te kiffe…

Elle: Non, alors…« vous », si vous voulez que je sois votre avocate, il va falloir me vouvoyer.

Lui: OK. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse?


À vous maintenant…

Écoutez cet extrait des Grosses Têtes où l’invité d’honneur était Jacques Chancel, célèbre pour ses 6.826 entretiens avec les plus grandes personnalités de la vie française dans son émission Radioscopie. Répondez aux questions:

(ralenti – 80% de la vitesse originale)

  1. Jacques Chancel is speaking as the extract begins. What does Chancel say he never did?
  2. Why not?
  3. What reason does Bouvard put forward for not using tu to his guests?
  4. How does one of the other guests feel about the use of tu in interviews?
  5. What causes the guests to laugh at the end?


La langue de Shakespeare…et Jedward

lundi, 31 janvier 2011

Jedward and Shakespeare speak the same language...kinda, sorta

Yesterday’s Sunday Times carries a piece by Matthew Campbell concerning Sarkozy’s dissatisfaction at the low standard of English in French schools and outlines his plans to rectify the matter. In his enthusiasm for English, he refers to it as ‘the language of Shakespeare’, obviously unaware that it is also the language of Bertie Ahern and Jedward, all three of whom have a talent for mangling English beyond both repair and comprehension. For example, here’s Edward tweeting about celebrity: people are like omg you on the xfactor and were like walking our dog like yeah; on plans for his crutches: im gona bling up my crutches , get some skwarti crystalas ,mabey get gold ones and mabey make 50cent and everyone jealous. Does Sarkozy really want the Jules and Prospers of tomorrow sounding like them, lovable and all as they are (Jedward, that is, not Bertie)? Would they not be better sticking to «la langue de Molière»?

Grâce à la musique, au cinéma et à internet, l’anglais est une vague qui déferle sur le monde. En Chine, on estime à 300 millions le nombre de personnes qui apprennent ou qui parlent «la langue de Shakespeare» – c’est à dire, plus que la population des États-Unis. Devant le succès croissant de l’anglais, les Français s’inquiètent (voir ci-dessous, le 7 avril 2010) et renforcent les barricades, ce qui explique les quotas pour la musique «anglo-saxonne» à la radio, et les tentatives de traduire les enseignes des magasins comme «Body Shop» en français.

Et voilà maintenant que Nicolas Sarkozy veut tout gâcher en introduisant l’apprentissage de l’anglais à l’école maternelle. Selon certains journaux, l’enthousiasme de Sarkozy s’explique du fait qu’il se sent exclu du club des leaders mondiaux du premier rang qui baratinent facilement en anglais avec Barack Obama: apparemment, Sarkozy parle l’anglais comme une vache espagnole , c’est à dire, très mal. Son ministre de l’éducation, Luc Chatel, est convaincu que «plus on apprend tôt l’anglais, plus on a les capacités d’apprendre une autre langue jeune».  Alors, les Français veulent devenir trilingues maintenant?

Il faudrait peut-être qu’il vienne en Irlande parler à tous les élèves qui apprennent le gaélique depuis l’âge de cinq ans et qui le parlent comme une vache…française(?).

À vous maintenant…

Regardez cet entretien avec Luc Chatel, le ministre de l’éducation, sur Europe1 et répondez aux questions suivantes:

Vodpod videos no longer available.
  1. What does he want to do?
  2. What is he going to set up in the next few days?
  3. What point does he make about learning a language early in life?
  4. What does he want all pupils to have done by the age of eighteen?
  5. What is the final measure he says he will put in place?

Bonus!

A Twix bar (or similar item of confectionery, subject to availability, conditions may apply) to the first person to identify which word the minister mispronounces (hint: it’s between 00.30 and 00.50).

Vous wreckez mon buzz, homme!

mercredi, 7 avril 2010

Although the French are often accused of arrogance – unjustifiably, in my opinion – there is one area where they betray a definite sense of insecurity: the health of their language. There is a widespread sense that the beautiful garden that was the French language is being slowly choked by the noxious weeds of English lexical borrowings, the seeds of which are borne across the English Channel and the Atlantic on the winds of  technological and social change, if I may be permitted to let a metaphor get a little out of hand.

Les Français ont toujours aimé utiliser des mots anglais, c’est vrai, et la terminaison –ing leur semble particulièrement attirante. Mais aussitôt arrivés en France, les emprunts prennent une allure très…française. Par exemple, “un parking”, ce n’est ni un verbe ni un participe présent, c’est un nom: a car park; “un lifting”, c’est a face lift; “un brushing”, c’est a cut and blow-dry; “un camping”, c’est a campsite. Plus récemment, on entend beaucoup et on lit, et souvent on se demande pourquoi: “un people” (ou “un pipol”), c’est a celebrity; “un rugbyman”, c’est a rugby player; “le scotch”, c’est the sellotape mais aussi la boisson alcoolisée scotch; “un string”, c’est a thong; “un tong”, c’est a flip-flop; “un flipper”, c’est a pinball machine. Et puis, mon préféré: « un talkie-walkie », c’est a walkie-talkie. Il y en a des centaines d’autres.

Ce ne sont pas seulement les jeunes qui aiment parsemer leurs conversations de mots empruntés à l’anglais. Même ceux qui se vantent de leur érudition emploient des mots anglais, peut-être pour faire plus << sophistiqués >>. Bernard-Henri Lévy, un philosophe très médiatisé, dans une interview récente a utilisé l’expression anglaise What else?, le slogan publicitaire de Nescafé, à deux ou trois reprises.

Si tout le monde se met à employer des mots et des expressions anglais, que deviendra la pauvre langue française? L’Académie française veille sur la langue française depuis 1635 comme une mère veille sur son enfant et publie des recommandations et des décisions sur ce qui est acceptable ou inacceptable du point de vue linguistique. En plus, il existe une organisation qui veille sur la francophonie, l’ensemble des pays qui parlent le français. Pour mettre en lumière ce problème d’emprunts lexiques, Alain Joyandet, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, a proposé, en février, aux étudiants et aux élèves d’adresser, par voie électronique [et non pas par mél!], à franco.mot@diplomatie.gouv.fr, des traductions innovantes pour les mots suivants : « chat », « talk, « tuning », « buzz » et « newsletter »- cinq mots qui ont envahi la France depuis les années quatre-vingt.

Selon un article récent de Charles Bremner, le correspondant français du quotidien The Times, les traductions gagnantes ne sont pas très impressionnantes:

  • · Le tuning (as in customizing cars) — le bolidage (from bolide = roadster/race car)
  • Le buzzle ramdam (a borrowing from Arabic, but current in French, for the festivities after sunset during Ramadam)
  • · Le talk (talk show) — le débat
  • · Le chatl’ e-blabla or la tchatche
  • · Le newsletter — l’infolettre

On ne sait pas encore si ces mots auront plus de succès que le mot << le courriel >> introduit il y a quelques années pour combattre le mot << le mél >> et que presque personne n’utilise.

The Rule of the Preceding Direct Object

vendredi, 15 janvier 2010

Les devoirs que j'ai ...oublié?...oubliée?...oubliés?

The Rule of the Preceding Direct Object strikes fear into the hearts of all who have tried to grapple with French grammar. If you find it hard to understand, take consolation from the fact that a lot of French people don’t know how it works either, as can be seen from these readers’ comments taken from today’s web version of the newspaper Libération:

...j’ai allumé des bougies que j’ai disposé en cercle et au milieu j’ai dansé en psalmodiant du Montaigne afin que vous retrouviez au plus vite un état de santé viable…

…ma grand-mère s’ouvrir les veines parce que l’homme de sa vie l’avais quitté trop tôt… (three errors!)


…Aubry fille a papa a volee la victoire avec l’aide des elephants corrompus du ps .. c’est une TRICHEUSE (incorrect agreement, missing accents)

Oui, le français est bien compliqué. Pour rendre la vie des élèves irlandais encore plus difficile, non seulement les Français ont-ils des noms masculins et féminins, mais ils ont aussi inventé un système d’accords pour les participes passés que même les Français ne comprennent pas. Regardez bien ces deux exemples:

J’ai mangé une pizza – pas d’accord. Pizza est le complément d’objet direct – en anglais the direct object. The direct object does not precede the past participle mangé, therefore we don’t have to worry about agreements.

La pizza que j’ai mangée – accord, parce que pizza, nom féminin, est placé avant le participe passé mangé.

J’ai vu les filles qui habitent en face – pas d’accord.

Les filles que j’ai vues habitent en face – accord, parce que filles, nom féminin au pluriel, est placé avant le participe passé vu.

A vous maintenant:

  1. Les livres que j’ai (lire).
  2. Les filles que j’ai (embrasser).
  3. La lettre que tu as (écrire).
  4. Le cadeau que tu lui as (envoyer).
  5. Ta soeur a (regarder) le film.
  6. Mes frères ont (devoir) rester à la maison.
  7. Mon père a (vendre) une voiture qu’il avait (acheter) à Londres.
  8. Les victimes qu’il a (choisir) ont toutes (habiter) près de chez lui.
  9. Les musées qu’ils ont (voir) n’étaient pas loin du centre ville.
  10. Les cadeaux que tu m’as (acheter) sont meilleurs que ceux que j’ai (acheter) pour toi.

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