Re Joyce!

Les Irlandais sont partout dans le monde: en Angleterre, aux États-Unis, en Amérique du Sud et, bien sûr, en France. La rue des Irlandais se trouve dans le cinquième arrondissement de Paris, à deux pas du Panthéon. Au bout de la rue, en venant du Panthéon, on trouve le Collège des Irlandais dont les origines remontent au seizième siècle. Pendant longtemps le Collège des Irlandais se chargeait de la formation des prêtres. Aujourd’hui, c’est un centre culturel irlandais qui organise des expositions, du théâtre, et des conférences sur la vie artistique irlandaise. Ce n’est pas la plus jolie des rues parisiennes, certes, mais c’est notre petite rue à nous. Nous en sommes fiers comme nous sommes fiers de la contribution des Irlandais à la vie culturelle européenne. L’Irlande, malgré sa petite population de quatre millions d’habitants, a néanmoins réussi à donner  au monde Oscar Wilde, W.B. Yeats, George Bernard Shaw, James Joyce, Samuel Beckett et Seamus Heaney, parmi beaucoup d’autres: tous des génies et tous des Irlandais. Il y a de quoi s’en réjouir.

Alors, imaginez donc ma stupéfaction quand, lors d’une visite récente à Paris, me promenant juste à côté de la rue des Irlandais, je suis tombé sur cette plaque commémorative apposée à l’entrée d’un immeuble dans la rue du Cardinal Lemoine:

James Joyce, écrivain britannique? Quoi?! Notre cher James Joyce, auteur d’Ulysse, britannique? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire? Autant nous faire croire que le Soleil tourne autour de la Terre! D’accord, il est né à Dublin en 1882 quand l’Irlande faisait encore partie du Royaume-Uni. Mais quand même! Les Irlandais n’aiment pas qu’on les confonde avec les Anglais. Quand la maison d’édition Penguin a eu le culot en 1982 de publier des poèmes de Seamus Heaney dans la collection Penguin Book of Contemporary British Poetry cela leur a valu une réprimande magistrale de la part du poète: ‘Be advised my passport’s green/No glass of ours was ever raised to toast the Queen’.

Et pourtant, si c’était vrai? Eh oui, malheureusement pour les chauvins, les faits sont incontrovertibles. Selon une biographie récente par Gordon Bowker, il parait qu’en avril 1930, quelques années après l’indépendance irlandaise, Joyce a pris la décision de renouveler son passeport (britannique, puisque l’État irlandais venait juste d’être créé) plutôt que de demander un passeport irlandais comme il aurait pu le faire. Donc, officiellement, Joyce est né britannique et est mort britannique aussi.

Y a-t-il des differences réelles entre les Irlandais et les Anglais? Demandez à Samuel Beckett. Au journaliste français qui lui a demandé: «Alors, Monsieur Beckett, vous êtes Anglais? », la réponse, maintenant célèbre, était éloquente. Beckett a répondu tout simplement: « Au contraire. »

À vous maintenant…

Écoutez cet extrait (ralenti) d’une émission de RTL sur la visite de Barack Obama en Irlande et répondez aux questions.

  1. Which relation of Barack Obama lived in Moneygall?
  2. When did his ancestor leave Ireland?
  3. Why did he leave?
  4. According to Henry Healy,  how far back can his connection with Obama be traced?
  5. How, according to the journalist, did Obama honour his Irish roots when he visited Moneygall?
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