A portrait of the artist…Jean Dujardin

January 23, 2012

Jean Dujardin et Bérénice Bejo dans The Artist

C’est bientôt la nuit des Oscars et tout le monde se demande qui va être récompensé du prix du meilleur acteur et quel film remportera le prix du meilleur film.  Un acteur français qui fait couler beaucoup d’encre un peu partout récemment, c’est Jean Dujardin. Inconnu du monde anglo-saxon jusqu’à la sortie de The Artist il y a quelques semaines, Dujardin est célèbre en France depuis plus de dix ans maintenant. C’est la série Un gars, une fille – plus de 400 épisodes de seulement six ou sept minutes racontant par des sketchs la vie d’un couple, Jean et Alexandra -  qui l’a propulsé au premier rang des acteurs dès 1999.

En 2005, il incarne Brice, fils à papa et surfeur obsessionnel qui ne sait pas nager, dans le film Brice de Nice. Le film connaît un succès énorme surtout chez les jeunes qui reprennent avec enthousiasme l’expression préférée de Brice, « Je t’ai cassé! » .

Deux ans plus tard il travaille avec le réalisateur Michel Hazanavicius pour créer le personnage de Hubert Bonisseur de la Bath, héros du film OSS 117, une parodie et un hommage aux films d’espionnage des années soixante, surtout ceux de James Bond – « OSS 117, un peu de Sean, beaucoup de conneries! » . Hazanavicius fait tout pour que même les moindres détails du film ressemblent aux classiques du genre: certaines scènes sont directement calquées sur des scènes de films connus de Hitchcock ou la série James Bond et il emploie pour les effets spéciaux les mêmes techniques depuis longtemps démodées des années soixante. Un deuxième volet sort en 2009.

Mais c’est vers la fin de 2011 que le monde Hollywoodien découvre Hazanavicius et Dujardin avec la sortie de The Artist. Tourné à Hollywood, Hazanavicius a pris le risque  non seulement de le filmer en noir et blanc mais d’en faire aussi un film muet.  The Artist raconte la vie de George Valentin (Dujardin), star du cinéma muet dont la carrière fait chute avec l’arrivée du cinéma parlant et une certaine Peppy Miller (Bérénice Bejo, femme de Hazanavicius) et on y retrouve la même attention aux détails que dans les film OSS: pour la maison de Peppy il a réussi à emprunter la maison dans laquelle Mary Pickford, star du cinéma muet, a habité; il a tourné en 22 images par seconde pour donner le léger accéléré de la période. Un film charmant, beau et amusant. À voir.

À vous maintenant…

Écoutez cet extrait (ralenti – 80% de la vitesse normale) des infos de RTL où Jean Dujardin parle des dix nominations que le film a reçues:

  1. Why does he feel he resembles George Valentin (the hero of the film) just now?
  2. What adjectives does he use to describe the film’s success?
  3. What does he say about George Clooney?
  4. What does he say makes him laugh?
  5. What does he think about when he experiences success in his career?
  • Vous venez de remporter le prix du meilleur acteur/de la meilleure actrice dans le Festival de Cannes. Écrivez le  discours que vous allez prononcer lors de la cérémonie.

A nose by any other name…

January 8, 2012

Aimez-vous votre prénom? Comme chaque début d’année, les journaux publient des listes des prénoms les plus donnés aux bébés. Pour les garçons, on constate une tendance biblique: 1) Nathan, 2) Lucas, 3) Jules, 4) Enzo, 5) Gabriel, 6) Louis, 7) Arthur, 8) Raphaël, 9) Mathis, 10) Ethan. Pour les filles, la sélection reste assez conservatrice, à quelques exceptions près: 1) Emma, 2) Jade, 3) Zoé, 4) Chloé, 5) Léa, 6) Manon, 7) Inès, 8) Maëlys, 9) Louise, 10) Lilou.

En 1993, la loi concernant les prénoms, autrefois stricte, s’est assouplie et les Français peuvent maintenant nommer leurs enfants comme bon leur semble. Donc, peut-être plus intéressant que la liste ci-dessus est la liste qui a été dressée par les infirmières d’un hôpital strasbourgeois des « pires » prénoms de l’année. Garçons : Émeraude, Superman, Papa, Amour, Charlot, Playboy, Don Béni, Chandler, Expert, Christ-Joris, Bernard Junior. Filles: Térébenthine, Nicodème, Mardoche, Feeling, O-D-I-L, Akassia, Shakira, Violetta, Djohanna, Brésil, Chléophée.

Et alors? ‘What’s in a name? That which we call a rose by any other name would smell as sweet…’ Juliet avait tort car le choix du prénom n’est pas sans conséquences – non seulement les prénoms sont des étiquettes qui servent à nous identifier mais ce sont aussi pour les parents en quelque sorte un premier pas dans la création de la personnalité de leur enfant. En choississant un prénom farfelu comme, par exemple, Moon Unit (fille de Frank Zappa) ou Fifi Trixibelle (fille de Bob Geldof), et en voulant leur donner un air rebelle et indépendant, les parents ne prennent-ils pas une décision qui aura sûrement un énorme effet sur la vie quotidienne de leur petit trésor? Comme tout le monde le sait, la vie à l’école est déjà assez difficile pour beaucoup d’élèves sans qu’il y ait aussi des problèmes dans la cour pendant la récréation: « Hé ho, Dweezil, viens voir – on veut te parler!  Vlan! ».

Certains disent même que le prénom est une sorte d’ADN social, révelateur de ses origines socio-culturelles. Voilà ce qui a poussé une mère marseillaise il y a quelques années à rebaptiser ses enfants, Fatima et Mohamed, avec des prénoms plus « français »: Nadia et Kevin. « Je ne voudrais pas qu’il devienne ouvrier, ou que ma fille devienne femme de ménage, comme moi. »  a-t-elle expliqué. Malheureusement pour cette mère dévouée et son fils, une étude récente indique que quelques prénoms en particulier (Kevin, Dylan, Brandon, Kelly, Cindy…) étaient “assimilés inconsciemment aux jeux vidéos, aux séries bas de gamme, aux CSP – et à des personnes peu cultivées”. Des enseignants attestaient même moins bien noter les copies portant des prénoms issus des séries comme Beverly Hills.

En 2009, un couple suédois qui voulait appeler leur bébé « Q » (ça ne marcherait pas en français) en hommage au personnage des films James Bond a eu des problèmes avec la justice suédoise. La cour d’appel a jugé que « Q » n’était pas un prénom «convenable» notamment parce qu’il ne contenait qu’une seule lettre. Impossible de dissuader les parents. Ils ont lutté pendant plus d’un an et finalement la cour suprême leur a donné raison. Le seul hic, c’est que le personnage des films James Bond ne s’appelle pas « Q ». Il s’appelle Major Boothroyd; « Q », n’est pas son prénom, c’est la première lettre de sa fonction militaire, Quartermaster, celui qui s’occupe des provisions.

À vous maintenant…

Speaking of names, see if you can get this not very politically correct joke from Les Grosses Têtes:

La voiture qui fait ‘chuuuut’ au lieu de faire ‘vroum’

December 6, 2011

Vélib’, le réseau parisien de vélos qu’on peut louer à des tarifs modestes, connaît un tel succès depuis sa création en 2007 que le maire de Paris, Bertrand Delanoë, vient d’inaugurer, hier matin,  Autolib’, un service de voitures électriques en libre-service.

Il paraît que les Français n’aiment plus la voiture. Lors des sondages récents sur l’automobile, les adjectifs qui reviennent le plus souvent sont «cher», «polluant» et «rapide». Régis de Solère, qui travaille pour le Centre d’études et de recherche sur les transports urbains, explique: «Vers 2006 il s’est produit une rupture. Pour la première fois dans l’histoire de l’automobile, son usage a reculé en France.»

Selon le journal Libération, la moitié des ménages Parisiens n’ont pas de voiture – contrairement à Dublin où chaque ménage semble en posséder au moins deux ou trois. Comme beaucoup de voitures parisiennes passent la plupart de la semaine au parking et comme cela coûte cher (on estime à 5.500 euros les frais annuels pour l’automobiliste moyen), l’idée de louer une voiture plutôt que d’en acheter une semble tout à fait logique.

À l’instar de Vélib’, les tarifs sont abordables: 144 euros pour une personne seule, 132 pour une famille par an. Après, on règle ses consommations : la première demi-heure coûte 5 euros, la suivante 4 et toute demi-heure supplémentaire 6.

L’abonnement Hebdo coûte 15 euros, et le Découverte (pour un jour) 10. Dans les deux cas, première demi-heure à 7 euros, deuxième à 6 et les suivantes à 8. Les vingt premières minutes sont facturées même si on a fait qu’un tour de pâté de maisons. Au-delà, on paie à la minute près. Autolib est accessible dès 18 ans. (Libération)

Les 3.000 Bluecars (bien qu’elles soient d’une couleur grise) seront disponibles dans plus de 1.200 stations. Chaque véhicule est équipé d’un système GPS et peut faire 250km avant d’être rechargé. Les seuls problèmes: il faut huit heures pour recharger la batterie; les voitures sont si silencieuses que les piétons ne les entendent pas. Hier soir, autolib’ a fait sa première victime dans le XIIe arrondissement quand une femme a été renversée alors qu’elle traversait la rue Taine.

À vous maintenant…

  1. Who is told to ‘watch out’? Why?
  2. Give three pieces of information about the design of the cars.
  3. According to  Vincent Bolloré, what is the advantage of these cars when moving off at a green light?
  4. According to Bolloré, what comment do pedestrians make?
  5. How many stations are there at the moment?
  6. According to Annick Lepetit, what do you have to do in order to get into the car?

Les Lacs du Connemara

November 25, 2011

Michel Sardou

Top marks to the Clifden Chamber of Commerce who managed to get massive newspaper, television and radio coverage in France for a bash they organised in the Irish embassy in Paris.

Il y a quelques mois, pour créer un peu de publicité et pour attirer les touristes, les membres de la Chambre de commerce ont inventé l’honneur The Freedom of Clifden. Le premier récipiendaire c’était Ryan Tubridy, animateur de télévision et de radio, visiteur régulier à Clifden et, il faut le dire, cousin d’un des membres de la susdite Chambre. La semaine dernière, c’était Michel Sardou qui a été sélectionné. Mais qui est Michel Sardou?

 Si les Français connaissent le Connemara et s’ils le visitent pour ses paysages sauvages, ses montagnes, sa solitude et ses lacs c’est en partie grâce à l’influence d’une chanson: Les Lacs du Connemara de Michel Sardou. Enregistrée en 1981, la chanson est devenue une des chansons les plus célèbres en France. Sur une musique composée par Jacques Revaux, plus connu pour son succès planétaire avec Claude François Comme d’habitude (en anglais, My Way), Sardou nous parle d’une terre brûlée et mystérieuse, d’un Sean Kelly et sa femme Maureen qui, pour des raisons que je n’ai jamais comprises, se jette nue dans un lac.

Même si la plupart des Irlandais qui connaissent la chanson la trouvent insupportable, les Français, eux, l’adorent. Et pour récompenser Michel Sardou de ses services au tourisme irlandais, et (soyons honnêtes) pour créer aussi un peu de publicité pour l’Irlande, on vient de lui remettre les clés de Clifden, « capitale » du Connemara dans une cérémonie à Paris. Selon l’ambassade d’Irlande en France « L’Irlande et les habitants du Connemara en particulier ont souhaité par cette cérémonie rendre hommage à l’oeuvre et à l’homme qui ont permis de resserrer les liens fort chaleureux qui réunissent les Français et les Irlandais…la chanson Les Lacs du Connemara continue d’inspirer et d’enchanter le public en France et ailleurs, et fait désormais partie du patrimoine franco-irlandais. » Comme Tubridy, Sardou jouit désormais de certains privileges: il peut se faire couper les cheveux gratuitement, il peut se garer où il veut et il peut faire paître ses moutons sur les terres communes.

Bon, d’accord, c’est une chanson qui a eu énormément de succès en France mais, sans vouloir être trop cynique, est-ce qu’on peut prétendre qu’une chanson qu’on n’entend jamais à la radio en Irlande  et dont 99,9% des Irlandais ignorent l’existence fasse partie du « patrimoine franco-irlandais »?

À vous maintenant…

  1. How old is the song?
  2. What does Sardou say is wonderful about the Irish?
  3. What does he say about the key?
  4. Why did Sardou think the song would not be a success?
  5. What ‘miracle’ took place, according to Sardou?

Les Lacs du Connemara – Sardou/Delanoë/Revaux

Terre brûlée au vent
Des landes de pierre,
Autour des lacs,
C’est pour les vivants
Un peu d’enfer,
Le Connemara.

Des nuages noirs
Qui viennent du nord
Colorent la terre,
Les lacs, les rivières :
C’est le décor
Du Connemara.

Au printemps suivant,
Le ciel irlandais
Etait en paix.
Maureen a plongé
Nue dans un lac
Du Connemara.

Sean Kelly s’est dit :
“Je suis catholique.
Maureen aussi.”
L’église en granit
De Limerick,
Maureen a dit “oui”.

De Tiperrary
Bally-Connelly
Et de Galway,
Ils sont arrivés
Dans le comté
Du Connemara.

Y avait les Connor,
Les O’Conolly,
Les Flaherty
Du Ring of Kerry
Et de quoi boire
Trois jours et deux nuits.

Là-bas, au Connemara,
On sait tout le prix du silence.
Là-bas, au Connemara,
On dit que la vie
C’est une folie
Et que la folie,
Ça se danse.

Terre brûlée au vent
Des landes de pierre,
Autour des lacs,
C’est pour les vivants
Un peu d’enfer,
Le Connemara.

Des nuages noirs
Qui viennent du nord
Colorent la terre,
Les lacs, les rivières :
C’est le décor
Du Connemara.

On y vit encore
Au temps des Gaels
Et de Cromwell,
Au rythme des pluies
Et du soleil,
Au pas des chevaux.

On y croit encore
Aux monstres des lacs
Qu’on voit nager
Certains soirs d’été
Et replonger
Pour l’éternité.

On y voit encore
Des hommes d’ailleurs
Venus chercher
Le repos de l’âme
Et pour le coeur,
Un goût de meilleur.

Faire les dix-neufs coups

November 12, 2011

Learners of a language are by turns frustrated and delighted to discover that even the simplest of words can often have several unrelated meanings. Flann O’Brien, author of At-Swim-Two-Birds (soon to be filmed by Brendan Gleeson), used to knock a lot of humour out of the Irish language’s tendency towards multi-tasking and would poke fun at Dinneen’s famous Irish-English Dictionary in which the entry for the word dáil reads as follows: act of pouring out, distributing, administering, conferring, meeting…a hostile encounter; an astronomical conjunction; fate, a law-case…an at-home at which an engagement is announced, a match-making meeting, an enclosure… And so it continues for another column and a half.

Mais le même phénomène existe en français. Un seul exemple suffit: le mot coup est connu pour sa versatilité surtout parce qu’ il se prête a une série presque illimitée de combinaisons. Voici donc une liste de dix-neuf expressions où l’on utilise le mot coup avec leurs significations en anglais – mais en désordre! À vous de les remettre dans le bon ordre…

1.    un coup de main  a.  sunburn/sunstroke
2.    un coup de pied  b.  a rant; explosion of anger
3.    un coup de tête  c.  a belt of a hammer
4.    un coup de poing  d.  a shooting by rifle/rifleshot
5.    un coup de marteau  e.  extreme tiredness
6.    un coup d’oeil  f.   a phone call (formal)
7.    un coup de chance  g.  a phone call (informal)
8.    un coup de balai  h.  a helping hand
9.    un coup de fil  i.   a whim
10.  un coup de téléphone  j.   a punch
11.  un coup de soleil  k.  a quick sweep
12.  un coup de foudre  l.   a shooting/gunshot
13.  un coup de tonnerre  m. a stroke of luck
14.  un coup de barre  n.  a wipe of a cloth
15.  un coup de sang  0. a peal of thunder
16.  un coup de grâce  p. a glance/ a quick look
17.  un coup de pistolet  q. a kick
18.  un coup de torchon  r. the final blow in a fight/execution
19.  un coup de fusil  s. love at first sight

On n’a pas encore fini avec coup. Il reste des centaines d’expressions comme: tenir le coup (to keep up the pace); faire les quatre cents coups (to lead a wild life); à coup sûr (for definite); faire un sale coup à quelqu’un (to treat someone badly) ; boire un coup (to have a drink, ie of alcohol).

Et cela fait des années maintenant que l’expression du coup remplace par conséquent, à la suite de quoi dans le langage familier. Exemple: Je n’ai pas travaillé en français – du coup, j’ai raté mon examen, mon mariage et ma vie. L’emploi de cette expression intéressait tant une étudiante norvégienne qu’elle a décidé d’écrire son mémoire de Master là-dessus. Si cela vous tente vous pouvez le consulter ici.

Re Joyce!

November 6, 2011

Les Irlandais sont partout dans le monde: en Angleterre, aux États-Unis, en Amérique du Sud et, bien sûr, en France. La rue des Irlandais se trouve dans le cinquième arrondissement de Paris, à deux pas du Panthéon. Au bout de la rue, en venant du Panthéon, on trouve le Collège des Irlandais dont les origines remontent au seizième siècle. Pendant longtemps le Collège des Irlandais se chargeait de la formation des prêtres. Aujourd’hui, c’est un centre culturel irlandais qui organise des expositions, du théâtre, et des conférences sur la vie artistique irlandaise. Ce n’est pas la plus jolie des rues parisiennes, certes, mais c’est notre petite rue à nous. Nous en sommes fiers comme nous sommes fiers de la contribution des Irlandais à la vie culturelle européenne. L’Irlande, malgré sa petite population de quatre millions d’habitants, a néanmoins réussi à donner  au monde Oscar Wilde, W.B. Yeats, George Bernard Shaw, James Joyce, Samuel Beckett et Seamus Heaney, parmi beaucoup d’autres: tous des génies et tous des Irlandais. Il y a de quoi s’en réjouir.

Alors, imaginez donc ma stupéfaction quand, lors d’une visite récente à Paris, me promenant juste à côté de la rue des Irlandais, je suis tombé sur cette plaque commémorative apposée à l’entrée d’un immeuble dans la rue du Cardinal Lemoine:

James Joyce, écrivain britannique? Quoi?! Notre cher James Joyce, auteur d’Ulysse, britannique? Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire? Autant nous faire croire que le Soleil tourne autour de la Terre! D’accord, il est né à Dublin en 1882 quand l’Irlande faisait encore partie du Royaume-Uni. Mais quand même! Les Irlandais n’aiment pas qu’on les confonde avec les Anglais. Quand la maison d’édition Penguin a eu le culot en 1982 de publier des poèmes de Seamus Heaney dans la collection Penguin Book of Contemporary British Poetry cela leur a valu une réprimande magistrale de la part du poète: ‘Be advised my passport’s green/No glass of ours was ever raised to toast the Queen’.

Et pourtant, si c’était vrai? Eh oui, malheureusement pour les chauvins, les faits sont incontrovertibles. Selon une biographie récente par Gordon Bowker, il parait qu’en avril 1930, quelques années après l’indépendance irlandaise, Joyce a pris la décision de renouveler son passeport (britannique, puisque l’État irlandais venait juste d’être créé) plutôt que de demander un passeport irlandais comme il aurait pu le faire. Donc, officiellement, Joyce est né britannique et est mort britannique aussi.

Y a-t-il des differences réelles entre les Irlandais et les Anglais? Demandez à Samuel Beckett. Au journaliste français qui lui a demandé: «Alors, Monsieur Beckett, vous êtes Anglais? », la réponse, maintenant célèbre, était éloquente. Beckett a répondu tout simplement: « Au contraire. »

À vous maintenant…

Écoutez cet extrait (ralenti) d’une émission de RTL sur la visite de Barack Obama en Irlande et répondez aux questions.

  1. Which relation of Barack Obama lived in Moneygall?
  2. When did his ancestor leave Ireland?
  3. Why did he leave?
  4. According to Henry Healy,  how far back can his connection with Obama be traced?
  5. How, according to the journalist, did Obama honour his Irish roots when he visited Moneygall?

Here’s to you, Ms Robinson

October 8, 2011

Des groupes féministes en France viennent de livrer bataille contre un mot qu’ils jugent « sexiste » et « démodé »: mademoiselle. L’existence de ce mot, qui désigne les femmes célibataires, agace beaucoup de femmes depuis des d’années car elles y voient « une connotation condescendante ». Leur argument paraît tout à fait raisonnable: si n’importe quel homme, qu’il soit marié, divorcé ou célibataire, jeune ou âgé, peut se dire « monsieur » pourquoi existe-t-il une catégorie spéciale pour les femmes non-mariées?

À l’instar des féministes dans le monde anglo-saxon qui ont réussi à faire accepter « Ms » au lieu de « Mrs » ou « Miss », les féministes cherchent à sensibiliser le grand public au caractère discriminatoire de cette civilité apparemment innocente et encouragent les femmes à cocher systématiquement la case « madame » dans tous les formulaires administratifs. « Ça peut paraître un détail mais c’est très symbolique des inégalités », explique Julie Muret, d’Osez le féminisme, un groupe féministe. « Implicitement, on vous dit que vous n’êtes pas finie tant que vous n’êtes pas mariée. »

Dans le monde anglophone, l’usage de « Ms » est devenu très répandu et la plupart des journaux en Irlande et en Grande Bretagne l’utilisent automatiquement en parlant d’une femme, à quelques exceptions près: Mrs Thatcher, par exemple. Il existe aussi des chansons qu’on connaît depuis si longtemps qu’on a du mal à  les imaginer sous des titres plus politiquement corrects: «Me and Mrs Jones» de Billy Paul perdrait son rythme si c’était «Me and Ms Jones». Plus grammaticalement correct, mais encore plus barbare, ce serait « Ms Jones and I ». Le personnage principal de la célèbre chanson de Simon and Garfunkel perd toute sa force et son caractère fruit défendu si elle se transforme de « Mrs Robinson » en «Ms Robinson». Et puis, la chanteuse Ms Dynamite aurait l’air ridicule si elle s’appelait Mrs Dynamite. La force de l’habitude, sans doute.

À vous maintenant…

  1. What are we told about the title mademoiselle?
  2. In which century did the term originate, according to the speaker?
  3. What did Napoléon introduce?
  4. What did Napoléon say about women?
  5. What, according to the speaker, n’a pas de sens?

A snippet from an old BBC French language series, Sur Le Vif, shows that even in the 1970s, asking a woman if she was madame or mademoiselle could get you a brisk reply.

Merci à RTL et The Evening Hérault.

Les Lettres d’Amour

September 17, 2011

Si vous voulez vraiment toucher quelqu'un, écrivez-lui une lettre...

The exam system deserves some credit for keeping the disappearing art of letter-writing alive. Although few people in the real world write letters any more, students of French the world over are regularly forced to concoct letters to pen-pals and restaurant managers in order to keep examiners happy.

Tous ceux qui étudient le français en fac sont condamnés à lire Les Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos. C’est un roman épistolaire – c’est-à-dire un roman où, au lieu d’un narrateur, le lecteur lui-même construit le récit à partir des lettres que les personnages s’écrivent les uns aux autres.  Un tel roman serait, sinon impossible, du moins difficile aujourd’hui car, depuis l’arrivée des textos, Facebook et Twitter, on n’écrit plus des lettres comme dans le bon vieux temps. Par conséquent, les administrations des services postaux partout dans le monde s’inquiètent.

Aux États-Unis, ils ont trouvé une solution intéressante à ce problème…

À vous maintenant…

Écoutez cet extrait de l’émission « Les Grosses Têtes » et répondez aux questions.

  1. What, according to Philippe Bouvard, explains the ‘désamour‘ for traditional mail nowadays?
  2. What are Americans being asked to do?
  3. What four categories of people are mentioned as possible recipients?
  4. To what does a guest compare this scheme?
  5. What does Bouvard say is ‘difficult’?
  6. How does one of his guests contradict him?

Pour tous ceux qui aimeraient savoir comment écrire une lettre d’amour, voici une lettre de Victor Hugo, un grand écrivain, à sa maîtresse, Léonie Briard:

« Samedi – trois heures du matin.
Je rentre. J’ai ta lettre. Cette douce lettre, je l’avais lue aujourd’hui dans tes yeux. Que tu étais belle aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête… Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde…comme tu es reine dans mon coeur…
Voici une fleur que j’ai cueillie pour toi. Elle t’arrivera fanée, mais parfumée encore; doux emblème de l’amour dans la vieillesse. Garde-la; tu me la montreras dans trente ans.
Dans trente ans tu seras belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimerons, n’est-ce pas, mon ange, comme aujourd’hui, et nous remercierons Dieu à genoux.
Hélas! Toute la journée de demain dimanche sans te voir ! Tu ne me seras rendue que lundi. Que vais-je faire d’ici là ? Penser à toi, t’aimer, t’envoyer mon coeur et mon âme… à lundi! — à toujours ! »

Exercice:

  • Lors d’une soirée récente vous avez rencontré la fille/le garçon de vos rêves. Rédigez-lui une lettre douce, tendre et pleine d’amour.

Depardieu pardonné?

September 3, 2011

Vol Paris-Dublin

Le mot de la semaine: « l’autodérision ». Non, ça n’a rien à voir avec la façon dont Jeremy Clarkson se moque des petites voitures  électriques qu’on voit un peu partout à Paris depuis des années. Comme beaucoup de mots qui commencent en auto… (autodéfense, automutilation, autodidacte), le préfixe «auto» nous dit qu’il s’agit de quelque chose qu’on fait à soi-même ou pour soi-même. L’autodérision, c’est quand on se moque de soi-même, de ses propres faiblesses, de ses propres péchés.

Prenons un exemple: imaginez que vous soyez un acteur très connu et que vous ayez crée un scandale en vous soulageant dans une bouteille devant les passagers ahuris d’un avion à destination de Dublin. Tout le monde crie au scandale et on vous reproche votre comportement grossier et inacceptable. Bref, imaginez que vous soyez Gérard Depardieu (voir le 22 août).

Alors, que faire pour calmer la presse et se faire pardonner? Se repentir en prenant le sac et la cendre? Donner de l’argent à une organisation caritative? Que nenni! À l’instar de George Michael après son arrestation pour outrage aux moeurs en 1998, vous sortez une vidéo dans laquelle vous faites allusion aux événements qui ont provoqué le scandale mais qui les présentent d’une manière humoristique et plutôt bienveillante. Autrement dit, vous faites de l’autodérision.

Gégé vient de sortir une vidéo où on le voit déguisé en Obélix dans un avion. Cette fois-ci notre héros est pris d’une envie pressante non pas d’uriner mais de manger du sanglier, le plat préféré de son personnage. Cette parodie de l’incident du 16 août était postée sur le compte Twitter de l’acteur Edouard Baer qui joue le rôle d’Astérix et qui tourne actuellement le dernier film dans la série Astérix à Wicklow. C’est amusant, c’est bien fait -  mais est-ce qu’on le pardonne?

À vous maintenant:

  1. What is Depardieu’s first line?
  2. What does the air hostess reply?
  3. What is Depardieu’s second line?
  4. What does the passenger behind Depardieu say?
  5. What ‘insult’ does Baer (Astérix) direct at this passenger?
  6. What does the passenger say to someone on his mobile?

Plus lentement, s’il vous plaît…

  • Le comportement des célébrités, peut-il avoir une influence sur les jeunes?

Gérard Depardieu

August 22, 2011

Gérard Depardieu

One of the enduring clichés concerning the French has always been that every French man is a sophisticated charmer with a roguish twinkle in his eye. Events earlier in the summer concerning the former head of the IMF, Dominique Strauss-Kahn, knocked a serious dent in that particular fiction. And now along comes Gérard Depardieu, one of the gods of French cinema, to inflict some further damage – and on a plane bound for Ireland, if you don’t mind.

Maintenant considéré un des « monstres sacrés » du cinéma français, Depardieu s’est révélé un acteur de grand talent en 1974 avec le film de Bertrand Blier, Les Valseuses. Ses rôles dans Cyrano de Bergerac et Jean de Florette lui ont valu sa réputation d’un des plus grands acteurs du monde. Amateur de bonne chère et de bons vins, Depardieu est aussi propriétaire d’un vignoble, le Chateau de Tigné, pas loin d’Angers dans l’ouest de la France et d’une poissonnerie et un restaurant à Paris.

Aujourd’hui il est connu autant pour son talent prodigieux que pour son appétit pantagruélique et son obésité. Il pèse entre 120 et 160 kilos selon s’il se prépare pour le tournage d’un film ou non. Il y a quelques années, en parlant de ses problèmes avec son poids, il a dit: « …mon fils [Guillaume, décédé en 2008 ] a été amputé et j’ai souffert aussi et je suis obèse pour balancer ce manque, manque physique d’une jambe, manque physique aussi d’un amour que je n’ai pas su transmettre ».

Depardieu a fait la une des journaux la semaine dernière quand il a éprouvé un besoin pressant quelques minutes avant le décollage de son avion de Paris pour Dublin. Les toilettes étaient fermées et ne pouvant pas se retenir, il a crié « Je veux pisser, je veux pisser! » et, sans se gêner, il s’est soulagé devant les passagers et l’équipage. Les passagers ont dû descendre de l’avion pendant le nettoyage et le vol a subi un retard de deux heures.

Il existe, cependant, une deuxième version des faits émise par son entourage, selon laquelle il se serait servi discrètement d’une bouteille vide après s’être assuré que personne ne pouvait le voir. Quand quelques gouttes sont tombées sur le sol, il aurait même proposé de le nettoyer lui-même. De la classe!

À vous maintenant…

 

Écoutez cet extrait de RTL et répondez aux questions suivantes:

  1. What reputation has Depardieu acquired?
  2. What happened in 2005?
  3. What happened in Venice?
  4. What did he do in Paris?
  5. What did he say to a female journalist?

Plus lentement, s’il vous plaît…

 

Si cela vous intéresse, voici la philosophie de Jean-Claude: « Te fais pas de soucis vieux, dans la vie tout s’arrange. Y a jamais de vraie raison de se biler. Y peuvent pas nous faire un trou au cul, on en a déjà un…»

  • Une célébrité que vous admirez a été arrêtée par la police pour possession de cocaïne. Écrivez-lui une lettre dans laquelle vous exprimez votre déception.

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